Notre responsabilité d'humain, c'est de créer chacun à notre échelle notre paradis sur terre : ce monde dans lequel nous souhaitons vivre.

jeudi 26 janvier 2017

Décoder ses cosmétiques (shampooing/gel douche)

Comme certains le savent, j'ai, à une époque, aspiré à travailler dans la cosmétique.
C'était au moment où on découvrait le scandale des parabènes, et où la cosmétique "naturelle" commençait à apparaître (je vous renvoie à mon parcours scolaire que je viens de rajouter à l'article de présentation du blog).

A l'époque, une auteure a permis à de nombreux consommateurs de mieux comprendre les cosmétiques: j'ai nommé la journaliste Rita Stiens et son livre La vérité sur les cosmétiques.

Mais le livre avait (et a toujours) un inconvénient: il est trop très complet et du coup parfois indigeste pour les néophytes.
Qu'à cela ne tienne! Rita Stiens en a fait un site équipé d'un moteur de recherche: vous rentrez le nom d'un ingrédient, et hop, le site vous dit à quoi sert l'ingrédient et vous indique sa note sous forme de smiley 😊😟. Vous faites ça pour chaque ingrédient et vous avez ainsi un aperçu de la qualité de votre cosmétique. Facile!

Comment on s'y prend?
❶ On attrape son cosmétique cobaye dont on va vouloir décoder la composition.
❷ On va sur le site http://laveritesurlescosmetiques.com/ et on clique sur "Rechercher".
❸ On tape les ingrédients un par un en commençant dans l'ordre : ils sont toujours indiqués par ordre décroissant, donc le 1er est celui qui est présent en plus grande quantité dans le cosmétique. On clique sur + pour ajouter les ingrédients à la file. On complète le champ "Nom de votre produit" et on clique sur "Imprimer" (et on imprime en pdf).


Allez, un exemple de consommation courante: le shampooing Ultra Doux de Garnier, crème de riz et lait d'avoine.
Je précise que j'ai pris les cosmétiques chez ma mère et ma grand-mère, je n'utilise à présent plus aucun produit lavant emballé dans du plastique (et les ingrédients sont très peu nombreux): c'était toutefois le cas dans une autre vie, et c'est en partie grâce à cette prise de conscience que j'en suis sortie 😁.




Autre exemple: le gel douche Cattier Argile Blanche et Miel de lavande




En conclusion, voici où je voulais en venir:
➨ on voit clairement que les cosmétiques classiques (grandes surfaces, pharmacies, parfumeries mais aussi enseignes pseudo-naturelles comme Yves Rocher, l'Occitane, Lush...) ne sont pas d'une grande qualité (il n'y a qu'à voir les smileys). Normal: le but est de vendre beaucoup d'articles, à des prix allant de très petits à très élevés (marques de parfumeries) mais dans tous les cas avec une forte marge, en s'appuyant sur un marketing bien pensé. Ici l'inquiétude n'est pas la qualité!
➨ parmi les cosmétiques naturelles (ici magasin bio), c'est mieux mais pas forcément parfait: on tombe régulièrement sur 1-2-3 ingrédients moins qualitatifs que les autres. Ici c'est le cas du tensio-actif utilisé (ce qui fait mousser): placé en 2ème position par ordre d'importance pondérale, un tensio-actif de bonne qualité aurait impacté fortement le coût de revient, et réduit la marge du fabricant.
➨ dans les 2 cas, on reste sur des produits emballés par du plastique, support dont s'empare le marketing pour mettre en avant des ingrédients pourtant minoritaires et justifier ainsi monts et merveilles. Pourtant, ces 2 produits sont constitués principalement par ... de l'eau!
NB: j'ai repéré les actifs au moyen de flèches rouges.


Pour simplifier les choses, voici comment on peut décrire une formule de shampooing ou de gel douche.
80% d'eau (celle du réseau!)
15% de tensio-actifs (souvent de synthèse et plutôt irritants). Le rôle du tensio-actif est de dissoudre le film hydrolipidique qui protège la peau pour décoller les saletés et mousser, mais sachez qu'on peut laver sans mousser... voui voui
4% d'épaississants (pour que le produit ne coule pas comme de l'eau dans votre main)
1% de parfum (souvent de synthèse), colorant, conservateur (indispensable dès qu'il y a présence d'eau), et actifs

Tout ça m'amènera à parler des alternatives saines ET zéro déchet (cliquez ici pour l'alternative au gel douche) à ces produits lavants dans un prochain épisode...

Mais sachez d'ores et déjà que je parlerai de tout ça lors de ma conférence à la MJC du Montbrisonnais le jeudi 30 mars à 19h.
Le thème sera: la salle de bain Zéro déchet. On parlera des alternatives pour l'hygiène de la maison (lessive, WC) et pour l'hygiène corporelle (gel douche, déodorant, dentifrice, shampooing, oreilles...). Vous verrez que vous pourrez enfin supprimer un paquet d'emballages de votre salle de bain (et faire de belles économies), pour le bien de votre santé et de la planète!

samedi 14 janvier 2017

Faire ses légumes fermentés

L'hiver, c'est le moment où je suis vraiment contente d'avoir mis en pratique la lacto-fermentation:

❶ on peut ainsi manger des légumes du printemps ou de l'été, ce qui permet de changer un peu et de faire le plein de vitamines. En ce moment, ce sont les courgettes qui font rage: issues de notre minuscule potager, elles ont été fermentées au moment où on n'arrivait plus à suivre la production et où on était à 2 doigts de l'overdose...

❷ on peut fermenter des légumes d'hiver qu'on ne peut présentement plus voir en peinture aussi: chou vert, chou rouge, céleri rave, carottes...

Bref, vous l'aurez compris: cela permet de varier les repas et de conserver pour plus tard des légumes dont on n'a plus envie sur le moment.

J'ai déjà présenté ici le processus de lacto-fermentation du chou vert qui aboutit à la choucroute. Aujourd'hui, je vous présente celui des autres légumes (qui est très similaire, la seule différence étant la concentration du sel qui est à 10 g par kg de chou pour la choucroute et à 30 g par litre d'eau pour les autres légumes).

Une fois la fermentation terminée (4 semaines), la consommation est possible. Notez bien que vous allez obtenir un produit acidulé, et une version insoupçonnée du goût originel du légume fermenté. Si vous craignez l'acidité, écourtez le temps de fermentation initiale (4-5 jours au lieu de 7), et/ou stocker le bocal dans une pièce bien fraîche (< 15°C) pendant la seconde phase de fermentation : le froid ralentit l'acidification.

Dans tous les cas, ne soyez pas anxieux: si la fermentation a raté, l'odeur à l'ouverture du bocal sera pestilentielle et vous n'aurez aucunement l'idée de manger son contenu! C'est pourquoi il n'y aucun cas d'intoxication avec ce mode de conservation.
Les légumes fermentés se consomment de préférence crus (pour conserver les vitamines), en condiment pour accompagner une salade (remplace le vinaigre et le sel), un plat, une soupe... 1 ou 2 cuillères à soupe par jour suffisent pour maintenir une bonne flore intestinale!


Si vous souhaitez voir cela en vidéo, voici des liens:
- dossier sur les aliments fermentés dans l'émission La quotidienne sur France 5
- chaîne Citoyen prévoyant (il met le sel dans les légumes et non pas dans l'eau de saumure, c'est une autre façon de faire qui fonctionne bien avec les légumes qui rendent de l'eau)
Le site consacré entièrement à cette technique est ici: Ni cru ni cuit.

En complément des images autour du chou rouge sur la fiche ci-dessus, voici quelques images de mes autres réalisations:
• courgettes (dans un bocal de 2 litres)
• carottes et oignons nouveaux : au centre avant de mettre la saumure; à droite, avec la saumure à base de miso (c'est une variante)

vendredi 6 janvier 2017

On marche sur la tête: les sigles et acronymes!

Pour démarrer 2017 avec un peu de légèreté et de rire (bonne année au fait! 😁), j'ai eu envie d'inaugurer une petite série nommée: "On marche sur la tête".

Aujourd'hui, je commence en douceur avec le thème des sigles et acronymes.
• Un sigle est l’abréviation d’une locution qui n’en garde que les initiales.
• Un acronyme est un sigle dont l’enchaînement des lettres se lit comme un mot simple (il est prononçable au lieu de devoir être épelé) ; parfois ces acronymes deviennent des mots ordinaires, processus qui commence par leur passage en minuscules.

Dans le cadre de mon travail, je suis amenée à parler souvent de DLC et de DLUO, jardon du secteur alimentaire pourtant censé être connu du public, puisque figurant sur les étiquettes des denrées (sauf pour les consom'acteurs passés au Zéro Déchet comme moi, qui n'ont plus à s'embêter avec lesdites étiquettes).

✷ DLC: Date Limite de Consommation. Concerne les produits périssables, avec une durée de conservation de quelques jours à quelques semaines, au-delà de laquelle ils peuvent présenter un danger pour le consommateur. Cette date est précédée de la mention: "A consommer jusqu'au".

DLUO: Date Limite d'Utilisation Optimale. Concerne des produits à conservation longue, de plusieurs mois voire des années. Au-delà de la DLUO, les denrées perdent de leurs qualités organoleptiques et nutritionnelles, sans être dangereux pour le consommateur. Cette date est précédée de la mention: "A consommer de préférence avant".

Jusque là, rien de drôle, au contraire. Mais c'est là où ça dérape...

En 2015, les autorités ont jugé opportun de remplacer le sigle DLUO par DDM: Date de Durabilité Minimale (note des autorités ici). 
Pourquoi? Voilà un grand mystère... dont une piste d'explication réside peut-être ci-dessous. Il s'agit d'un commentaire d'Eric Delfosse trouvé sur ce site lorsque je faisais moi-même une recherche dans le cadre de mon travail. Je vous en livre ici les passages qui m'ont le plus amusée...

« M’ouais… J’ai vraiment l’impression que, dans nos organismes officiels, le matin, devant la machine à café, il y a des gens qui se demandent « Tiens ? Qu’est-ce qu’on pourrait bien modifier, aujourd’hui, dans l’administration et les réglementations, histoire de faire croire qu’on travaille un peu ? »…  [...]

Le problème, à mon sens, c’est que l’on utilise des abréviations (ou des acronymes) dont personne (ou presque) ne se rappelle plus le sens exact.
Si je te disais qu’un jour, quelqu’un (de la région de Lyon) s’est vanté devant moi (qui habitait près de Namur, en Belgique) d’être plus intelligent que la majeure partie des gens parce qu’il savait, lui, au moins, ce que signifiait l’abréviation TGV… Quand je lui ai dit que, chez nous, en Belgique, tout le monde savait ce que voulaient dire ces trois lettres, il était fier de m’expliquer qu’en France, il n’y aurait qu’une élite qui connaissait le sens exact des abréviations. J’avoue que je ne l’ai pas cru, mais que, par la suite, je me suis quand même posé des questions…
Quand je suis arrivé en France un an plus tard et que j’y ai ouvert mon bureau, j’ai demandé ce que je devais faire. On m’a répondu que je devais m’inscrire à l’URSSAF. J’ai demandé ce qu’était l’URSSAF, on m’a répondu que c’était … là où je devais m’inscrire en tant que profession libérale (mais encore ?) … mais personne n’a pu me dire à quoi correspondaient ces initiales (et j’ai dû aller voir sur Internet pour le savoir).

On m’a ensuite parlé de l’INSEE. Idem : personne n’a su me dire la signification de ce sigle, et j’ai dû regarder sur le Net pour savoir qu’il s’agissait d’un institut de statistiques… Tout le monde sait qu’un PEL, c’est « un compte pour acheter une maison », mais apparemment, il semble qu’il faille quelques secondes pour se rappeler qu’il s’agit d’un Plan Épargne Logement.
La SNCF, « c’est les trains », et la RATP, bah, « c’est le métro et les bus », mais encore ? Un BTS, c’est quoi ? Qui sait que SFR, en plus d’être un « FAI », c’est la « Société Française du Radiotéléphone » ? Et quand on inscrit sur une enveloppe « CEDEX », combien parmi vous savent qu’il s’agit d’un courrier d’entreprise à distribution exceptionnelle ? Et si je vous parle de la société des papiers-linges, qui parmi vous va penser au papier absorbant que tous les Français désignent par « SOPALIN » sans même savoir qu’il s’agit d’une abréviation ? Et si l’on se rappelle vaguement ce qu’est un CD (et je ne parle même pas de CDD ou de CDI), qui sait ce qu’est un DVD ? Et bonne chance, sans regarder dans un dictionnaire des acronymes, pour savoir ce que signifient CAF, CAFA, CAFAD, CAFAM, CAFAMP ou CAFAS, lequel CAFAS peut désigner un certificat d’aptitude soit aux fonctions d’aide-soignant, soit à une formation artistique supérieure !

Quoi d’étonnant, dans ce cas, dans un monde où l’on use et abuse d’abréviations et d’acronymes dont personne ne se rappelle plus la signification exacte, que bon nombre de particuliers sachent juste que les « DLC » et les « DLUO », ce sont des « dates de péremption » … sans savoir ce qui se cache derrière ces lettres ?
Remplacer « DLUO » par « DDM » ne va pas y changer grand-chose…
CQFD ! Je pense… Mais je n’oblige personne à penser comme moi…

Je terminerai par un clin d’œil à la BD (la Bande Dessinée).
Quand j’étais petit (je ne suis pas très grand aujourd’hui, alors, disons « quand j’étais tout gamin », même si je le suis encore un peu de nos jours), j’ai lu une «BD» de la série « Jo, Zette et Jocko » (Hergé*) intitulée « L’Éruption de Karamako ». Dans cet album, l’auteur se moque de la sale manie qu’a un savant d’employer des abréviations à tout bout de champ, pour désigner n’importe quoi (du genre « passons à la SAM » pour « passons à la salle à manger »).
À un moment, ce savant parle de quelqu’un qui est « DCD »… Et les jeunes héros ne comprennent pas le sens de cette abréviation.
« Il est quoi ? DCD ? Qu’est-ce que ça veut dire ? »
« Bin, oui, il est mort, quoi… »

Bonne journée !
Ha, non, pardon : BJ »

 * Hergé étant un pseudo créé à partir de ses initiales Rémi Georges 😂

Bref... Après avoir lu ça, je me demande sincèrement si un peu de simplicité volontaire ne serait pas la bienvenue dans notre chère langue française...?
Parce que, faut quand même reconnaître que faire des groupes nominaux aussi longs et compliqués, c'est juste pour se donner l'impression d'être important (encore un truc de l'ego ça 🙄) et aussi permettre à des groupes de personnes d'avoir un langage hermétique (voyez l'éducation nationale, entre ATSEM, AVS, ZEP...).

Je formule donc le souhait que chacun se mette à l’œuvre pour simplifier sa vie (vous savez que je crois très fort à la responsabilité individuelle comme modèle pour inspirer le collectif) et alors, qui sait, on pourra peut-être se (re)mettre à parler simplement, sans craindre que tout le monde comprenne...!